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LES TROIS VIES DE L’ALICE ROBERT

Cargo fruitier devenu escorteur rapide, l’Alice Robert surnommé le Bananier est l’épave emblématique de la Côte Vermeille. Coulé en 1944 et vestige historique captivant, il a beaucoup à nous raconter.

Un reportage de Laurent Urios. Photos de l’auteur sauf mention contraire.

 

 

 

1re VIE : LE NAVIRE FRUITIER (1934-1942)

En ce début des années 1930, le contexte économique est difficile. Les pays sont tentés par le protectionnisme. Le gouvernement français augmente fortement les taxes sur les produits d’importation afin de privilégier les ressources de ses propres colonies. Le commerce de la banane profite de ces mesures. En provenance des Antilles ou d’Afrique, la banane est encore peu consommée en métropole. Son transport par bateau est difficile car ce fruit est très délicat. Quelques compagnies investissent dans les nouveaux navires frigorifiques. Ces « bananiers » permettent de maintenir dans leurs cales une température de 12 °C, idéale pour la conservation des bananes, durant les quelques semaines de voyage.

Louis Martin, fondateur de la Compagnie Franco Coloniale de Navigation, fait construire l’Alice Robert, un navire bananier ayant 4 cales isolées de liège et réfrigérées. La coque est blanche pour limiter l’échauffement par le soleil en zone tropicale et la carène est profilée pour gagner en vitesse. Mis en chantier en janvier 1934 à Nakskov au Danemark, le navire est livré huit mois plus tard. Il commence alors un circuit entre Nantes, Bordeaux et Conakry en Guinée. Les rotations durent environ 3 semaines. Les temps de chargement et déchargement sont réduits au maximum : souvent le navire repart le jour même de son arrivée. L’équipage est mis à rude épreuve, évoluant sans cesse entre le climat de la façade atlantique et celui chaud et humide de l’Afrique équatoriale, allant et venant dans les cales réfrigérées par plus de 30 °C à l’extérieur. Les marins souffrent d’affections des voies respiratoires et de maladies tropicales. En 1939, les volumes de bananes livrés en métropole ont plus que triplé par rapport à 1918. Mais l’entrée en guerre perturbe le commerce maritime alors que celui-ci est un élément clé dans l’approvisionnement des pays. Le gouvernement en a conscience et un plan censé assurer le transport et la sécurité des marchandises est appliqué. Souffrant d’un manque d’investissement, la marine marchande est vieillissante, excepté les bananiers qui sont récents et rapides. Ils font partie des navires réquisitionnés le 9 septembre 1939. L’Alice Robert se rend alors à Saint Nazaire où il reçoit deux canons de 90 mm qui ne doivent servir qu’en cas de prise en chasse par un bâtiment ennemi. Mais qui est l’ennemi ? La position de la France est ambiguë : Londres craint que Berlin s’empare de la flotte française (et préférerait la voir couler ou s’en emparer) alors que l’Allemagne commence la guerre sous-marine. Après l’invasion de toute la côte atlantique, les parcours de l’Alice Robert sont modifiés. Désormais, il circule entre Conakry, Dakar, Oran et Marseille. Les rotations sont espacées et souvent le navire reste au port de longues semaines. Le 8 novembre 1942, le débarquement des Alliés en Afrique du Nord donne à Hitler le prétexte pour envahir la zone libre. Au passage, il réclame aussi les navires de la Marine marchande pour assurer l’approvisionnement de son industrie et augmenter ses moyens d’action en mer. Plus de cent cinquante bateaux passent ainsi sous pavillon allemand à la suite des accords de Laval-Kaufmann. L’Alice Robert en fait partie. Il est réquisitionné en décembre 1942.

 

 

 

2e VIE : LE NAVIRE DE GUERRE (1942-1944)

Le cargo est transformé en escorteur rapide qui aura pour mission de protéger les convois de fret. Sa dunette est arasée, les cales sont aménagées, le château est recouvert de plaques de blindage et de nombreux canons sont installés pour assurer une protection antiaérienne : trois canons de 105 mm, quatre canons de 37 mm et une vingtaine de mitrailleuses de 20 mm. Pour la protection anti-sous-marine, deux grenadeurs de sillage et six mortiers lanceurs de grenades sous-marines sont posés. Enfin, l’Alice Robert est renommé SG 11. Il entre en fonction au sein de la 3e Geleitflottille (flottille d’escorte) au printemps 1943 et sa zone d’activité se situe en mer Tyrrhénienne entre Gênes et la Sardaigne.

 


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