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SAINT-EUSTACHE MINUIT EST POUR ELLES…

Quand on aime, dit le proverbe, on ne compte pas ! À Subaqua, nous aimons Saint-Eustache, son ambiance surannée, son parc marin préservé, la qualité de ses plongées… Et nous le clamons haut et fort. Déjà, nous évoquions l’île hollando-antillaise dans notre numéro 233 de novembre 2010, nous célébrions les dix années d’immersion du câblier Charlie Brown dans le numéro 250 de septembre 2013. Cerise sur le gâteau, nous retournons cette fois dans la mer caraïbe pour une plongée unique, dans toutes les acceptions du terme : une immersion nocturne sur l’épave du Chien Tong, avec ses lumières oniriques et sa fantasia de tortues. Un reportage de Pierre Martin-Razi.

Vous l’ai-je déjà dit ? Si la plongée constitue un voyage en soi, alors la plongée de nuit en est l’essence même : un brouillage du monde. Pas besoin de produits illicites pour ça, il suffit d’avoir le courage d’enfiler une combinaison humide (pour peu que l’on ait plongé trois heures auparavant) et la patience d’attendre que la nuit soit vraie. Trop de centres de plongée, hélas !, confondent en effet un peu trop vite plongée crépusculaire et plongée de nuit. Forcément, on est ainsi plus tôt rentré chez soi ! Il n’empêche, sauf espèces très particulières observées entre chien et loup (comme les mandarins…), ces plongées de l’entre-deux vous laissent souvent un vague goût d’inachevé.

NOIR C’EST NOIR

Cela devrait être ainsi : une plongée de nuit, c’est la nuit, quand il fait noir, que les étoiles vous écrasent de leur immuable beauté, que les poissons diurnes ont pris leurs quartiers et que les prédateurs, crocs ou pinces dehors, maraudent le nez sous cape. Une ambiance où s’entremêlent bizarrement sérénité et cruauté, éden et climat de bas-fond, vérité et mensonges. Le bleu se perd dans une œuvre au noir, se nimbe d’une nouvelle et étrange pureté que les faisceaux des lampes percent comme des rayons laser. Cet inconnu redevient pour un temps le royaume de Poséidon, celui des néréides un peu dodues et des affriolantes sirènes. Tout semble possible, l’imaginaire reprend un droit qu’il n’aurait jamais dû lâcher…

Les créatures ont les yeux rouges, les silhouettes sont fantomatiques, la roche se transforme en monstres acérés, le sable en sol lunaire. On y lit tout à la fois la langueur du sommeil et l’intense activité de la survie… J’aime la plongée de nuit. Elle peut vous faire rencontrer des nautiles si vous avez la chance de vous mouiller du côté de Lifou, croiser (plus que nécessaire…) quelques gros squales en maraude, percuter une murène en pleine eau (aussi effrayée que vous…), débusquer les crustacés noctambules… En mer et sous l’eau, la nuit - comme la neige ailleurs - magnifie tout : les ciels ou les tombants, les vagues et les épaves…

J’ai déjà raconté une plongée corse à la pointe de la Revellata, dans l’ouest de Calvi. La lune batifolait aux antipodes et pas une ride ne striait la surface. La Méditerranée, liftée, était jeune, belle et placide. Au-dessus de nous, le faisceau du phare scandait son message de vieille tour bienveillante quoiqu’un peu radoteuse : il est minuit… il est minuit… Après une plongée qui nous avait fait approcher les dentis à les toucher, les corbs à les embrasser, le palier de trois mètres m’avait écarté de mes deux ou trois compagnons d’aventure. Entre deux expirations, lampe occultée, quand mes bulles avaient achevé de crever la surface, j’avais pu constater que je voyais les étoiles à les toucher : Polaris, Alkhaïd, Dubhe, Arcturus, Vega… J’y étais ! Le temps de quelques apnées, flottant entre deux eaux, j’avais éprouvé l’indicible sensation de dériver dans l’espace, astronaute à bon compte, Cyrano d’un soir : un des plus beaux moments de plongée de ma vie. C’était en Corse et en été…

Avouons-le malgré tout, pour la plongée de nuit, les tropiques se révèlent encore plus complices ; le soir y survient toute l’année vers dix-huit heures trente ou dix-neuf heures, nul besoin donc de veiller jusqu’à plus soif. Et la mer y est honteusement chaude. La vie passant, quand les autres dorment, on accepte en effet volontiers de se tremper ans une eau à 16 degrés, à l’extrême condition qu’il s’agisse bien évidemment de degrés de latitude !

Tout ça pour dire que lorsqu’Ingrid et Menno, responsables du Scubaqua club de Saint-Eustache, m’ont proposé de découvrir nuitamment l’épave du Chien Tong, le tout suivi d’une spaghetti-party entre amis, j’ai immédiatement et sans regret, renoncé à décapsuler prématurément ma canette vespérale, assis au-dessous du volcan, le regard perdu vers les voiliers ababouinés…


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