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Alien contre Predator ou Abyss ?

Qui imaginerait le festival fantastique présenté à nos yeux durant nos paliers de décompression…

Un monde étrange nous entoure, peuplé de cténaires, crustacés, cnidaires coloniaux et tuniciers planctoniques (salpes). Tout commence par une promenade aquatique dans la réserve de pêche de cap Roux (voir encadré) dont l’accès est toléré pour les plongeurs et pour notre plus grand bonheur. Ce matin de mai, notre hôte du club de plongée de la Rague, Franco Marone, nous propose une exploration qu’il affectionne particulièrement, à la rencontre de certaines espèces emblématiques de la Méditerranée dont certaines, comme le corb, ne se rencontrent pratiquement que dans cette réserve tant la pression de pêche est forte en Côte d’Azur. Par Jacques Dumas. Photos de l’auteur.

 

 

Le mouillage, digne de la légendaire précision Suisse (n’est-ce pas Franco…) est suivi d’un briefing comme les plongeurs aimeraient toujours en entendre ; plan du site, position du mouillage par rapport au site toujours exacte, orientation, et surtout comment profiter des habitats et des rencontres remarquables. Les consignes sont parfaitement claires. Pour les inquiets de la sécurité, le club dispose des pendeurs de chaque côté du bateau et des narguilés au nitrox, une ligne de vie. Nous voilà immergés sans stress de timing pour glisser le long du mouillage comme demandé à chaque départ de plongée. C’est à travers une galaxie de plancton que nous effectuons notre descente dans le bleu et je me réjouis par avance de notre future phase de retour au palier. Passée la zone des 10 mètres, l’eau se fait enfin moins laiteuse, plus claire et plus cristalline même si quelques particules subsistent… Très vite, les repères dispensés lors du briefing sont retrouvés et la plongée exploratoire n’en est que facilitée. Le cap Roux offre différentes plongées, de très beaux sites, faciles et relativement bien abrités des éléments. Le grand cap Roux, un peu plus profond est réservé aux plongeurs autonomes confirmés.

Après quelques clichés de réglage sur les comatules, murènes et spirographes abondants, nous voici dans la plus belle zone, celle des gorgones. Pleines de vie, les grandes gorgones violettes servent de support à quelques gorgonocéphales et comatules, ces deux cousins des étoiles de mer. Nous apercevons alors les reflets brillants d’un petit banc de corbs nonchalants qui nous attendent en contrebas d’une roche un peu excentrée, sur 30-35 mètres. À notre surprise, ils ne semblent pas effrayés et se laissent facilement approcher, ce qui ravit les photographes. Quels beaux poissons placides et vulnérables ! Nos flashs se reflètent sur leurs écailles brillantes sans trop les perturber, peut-être se sentent-ils en sécurité avec les plongeurs scaphandre ? Trop captivés par ces beaux poissons, nous en oublions quelques instants de regarder autour de nous. Pourtant, un joli petit mérou, posé sur la roche du bas, semble attentif à nos évolutions maladroites. En observant un peu plus son environnement, je m’aperçois très vite qu’il n’est pas seul et ce sont trois autres de ses congénères qui s’éloignent un peu afin de garder leurs distances. Nous retenons notre souffle pour ne pas faire trop de bulles et de bruit car ce sont eux, les mérous, les maîtres du site… La curiosité l’emportant sur leur timidité, ils se laisseront néanmoins approcher un peu plus loin, si communicateurs et appréciés de tous les plongeurs…

Lorsque nous décidons d’amorcer une remontée afin de ne pas trop accumuler de paliers, nous nous attardons dans la zone de 30 mètres, et là une cavité allongée à flanc de colline attire mon attention, une belle surprise nous y attend (demi-surprise car Franco nous en avait parlé…), un homard bleu de belle taille nous fait son cinéma : allers retours, claquement des pinces très convainquant pour nous dissuader de l’importuner. C’est une rencontre rare en Méditerranée qu’il convient d’apprécier… Nul doute qu’en dehors de la réserve nous risquons peu ce genre d’observation. Ah si ! En 30 ans de plongée j’en ai vu deux fois en dehors… Quelques clichés de face et de côté et il est déjà temps de poursuivre la remontée et assez rapidement de quitter la roche pour le mouillage, avec néanmoins quelques clichés de langoustes et d’anthias autour des gorgones pourpres. À regret, car il est toujours dur de partir d’un si bel endroit. C’est alors que de retour au palier, qui pourrait comme souvent être long et ennuyeux, je me sens subitement plongé dans une tout autre ambiance, comme dans un film de science-fiction. En effet, c’est dans un nuage d’animaux planctoniques tous plus étranges les uns que les autres que nous effectuons nos 20 minutes de décompression. Je décide de prendre quelques clichés de ces hôtes transparents et féeriques pour passer le temps et un tout petit organisme attire mon attention : tout au plus 1 à 2 cm de long, il semble naviguer sous une cloche. En y regardant de plus près, il s’agit d’un petit crustacé amphipode nommé phronime qui a la particularité d’être un parasite des salpes, méduses et cténaires. Son nom commun de ”tonnelier de mer” illustre parfaitement sa capacité à s’installer dans son hôte, en dévorant souvent ses organes internes. Étrange animal, son physique ingrat n’est pas sans rappeler celui de l’”Alien” du film éponyme de James Cameron. Pourquoi ne pas alors délirer et nous imaginer dans la navette spatiale à la dérive, prêts à lutter contre des entités extraterrestres. Ces phronimes vivent normalement dans les abysses (tiens ! un autre film du même Cameron…) vers 1 000 mètres de profondeur : pourquoi vinrent-ils ce matin-là nous rendre une petite visite, pour certains sous leur cloche et d’autres carrément libres dans l’eau ? Je vous laisse apprécier les images avec cette énorme tête et ces pattes articulées dont une paire munie de féroces pinces… Heureusement qu’ils ne mesurent pas notre taille, car les paliers pourraient vite tourner au film d’horreur…

 

 


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