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Komodo, la plongée au bord du monde

Pour le quidam, Komodo est une île perdue sur laquelle vivent les derniers dragons, ces grands varans endémiques de l’Est indonésien. Pour les plongeurs, c’est surtout un archipel qui borde Florès également accessible en bateau depuis Bali. Un archipel où règne une biodiversité qui fait le bonheur des plongeurs-naturalistes. Un reportage bercé par la houle légère de Pierre Martin-Razi. Photos de l’auteur.

 

Voici fort longtemps, bien avant Le Prieur et Cousteau, avant Scyllias et Cyana, quand le monde n’avait qu’un seul continent et pas le moindre petit plongeur, les dieux et les déesses se sont réunis dans leur petite Olympe personnelle afin de définir l’ordonnance nouvelle des continents et, accessoirement, provisionner les petits plaisirs offerts aux palmipèdes caoutchoutés à venir… Une touchante attention qui, du reste, ne fait que confirmer la réalité : nous pratiquons une activité bénie des dieux ! Revenons à notre cénacle… La réunion du comité (dont vous avez noté la parité) avait commencé de bonne heure, juste après les premières agapes matinales parce que — franchement — la tâche était herculéenne. Imaginez la saynète mythologique : deux trois colonnes, pampre, myrrhe, tuniques à fibules, formes callipyges et arguties sans fins. Rien de bien original. Vers le milieu de la matinée, comme il se doit, les trois quarts de nos divinités avaient lâché prise en ronflant du sommeil du juste. Normal : leurs nuits étaient longues et agitées comme chacun sait. Colère du chef des dieux qui, pour réveiller l’assistance, frappe un grand coup-de-poing sur la pangée et l’éparpille en une kyrielle de morceaux plus ou moins gros. Une pluie d’îles et d’îlots tombe précisément là où vivent les dragons : ce sont les îles de la Sonde entre lesquelles se faufile avec peine et bonheur le Sea Safari VI qui m’emporte vers Komodo et ses fameux varans.

Assis au bord de la hune d’artimon, je regarde de ciel se déchirer de pourpre. La lumière baisse très vite et l’arrière du bateau n’est plus qu’une silhouette noire et découpée dans un rideau cramoisi avalant le bord de la terre. Devant, dans le gris du bref crépuscule, la mer est clapoteuse, sorte de transhumance chaude et moelleuse sur laquelle balance notre pinisi, un ketch traditionnel des Sulawesi, les anciennes Célèbes. Le bateau est grand (35 m de long et 9, 5 m de maître-bau), pépère, confortable, son bois et le bleu de ses voiles (roulées) chaleureux. Nous avançons lentement dans le sourd ronronnement du diesel, freinés par le courant d’est. Des heures de navigation pleine de charme, avec pour horizon l’aventure, les plongées et les rencontres inestimables… Le ciel est maintenant moucheté d’étoiles alors qu’un marin pique la cloche pour appeler au repas du soir. Nous devinons la masse noire et odorante de Lombok défilant lentement sur notre droite. Quelques lumières marquent les villages épars. Un feu rougeoie sur les hauteurs. On en devine les senteurs lourdes et suaves apportées par la brise du soir.

La main sur le bois du bastingage, je souris en descendant les marches qui mènent au vaste carré abritant la salle à manger : si mon explication de la dérive des continents, celle de la naissance des myriades d’îles volcaniques indonésiennes, toutes deux rêvées à l’ombre de la présence tutélaire du volcan balinais Agung, vous apparaissent fumeuses… Et bien rappelez-vous qu’au décor près, pampre, myrrhe et courbes callipyges, elles sont enseignées telles quelles dans à peu près la moitié du monde. Un constat plutôt confondant qui m’incite à suggérer aux contempteurs du Darwinisme de s’initier à la plongée et à l’observation de la jungle sous-marine avec ses luttes perpétuelles et ses adaptations pour la survie. Mieux que tous les beaux discours, elles réfutent toutes les théories créationnistes rétrogrades…

 

 

Entre mer de Flores et océan Indien

Onze jours de plongées sont devant nous, une perspective réjouissante. Nous allons rebondir d’île en île pendant toutes ces journées au rythme régulier de deux ou trois plongées quotidiennes, la dernière parfois crépusculaire. Bali, Lombok, Sumbawa, Moyo, Sangeang, Banta, Komodo, Rinca… Le retour suivra le même chemin, ou presque. Tout un périple qu’il serait bien dommage d’occulter en partant plus simplement de Florès, la grande île voisine de l’archipel de Komodo. Il y a une sorte d’accomplissement dans ces quelques jours de mer entrecoupés de plongées et d’excursions à terre. Comment le dire ? Cela rend l’archipel de Komodo plus lointain mais également plus réel…


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