Jean-Claude Havas : le génial inventeur.
Initié à la plongée au début des années soixante, l’ingénieur Jean-Claude Havas s’est très vite orienté vers la construction de sous-marins humides portés plongeurs. Initialement destinées au marché de la plongée sportive de loisir, ces machines ont très vite gagné le domaine militaire où leurs qualités et le degré de sophistication leur ont permis de connaître un succès sans précédent. Philippe Rousseau, utilisateur inconditionnel, nous brosse tout à la fois le portrait de leur concepteur et nous décrit, par le menu, des machines dont on peut rêver… Photos : collection de l’auteur.
Voici bien des années, j’avais relaté une partie des démonstrations techniques en plongée que je réalisais à l’époque avec les sous-marins humides bi-places ”Havas” (voir Subaqua n° 100 de septembre-octobre 1988). Plus de 20 ans après, il est maintenant possible de vous en dévoiler un peu plus sur ces sous-marins et leur constructeur. Avant d’évoquer ensemble certaines subtilités technologiques de ces merveilleuses machines plongeantes, il me paraît indispensable de vous présenter leur concepteur et constructeur : le surprenant Jean-Claude Havas…
L’homme, le créateur
Gabriel Havas, le père de Jean-Claude, était d’origine hongroise, né en 1905 à Budapest. Ingénieur diplômé de l’École centrale de Vienne, il émigre vers la France et obtient sa naturalisation en 1929. Il épouse Marie et le couple a cinq enfants. La famille Havas habite rue de Crimée à Paris, où Gabriel dirige une petite entreprise d’électricité automobile avec une trentaine d’employés.
Quatrième de la fratrie, Jean-Claude Havas est né le 16 avril 1938 à Paris (19e arrondissement). C’est un élève brillant, faisant des études classiques de ” latin/grec/philo”. Il obtient d’ailleurs son baccalauréat à 15 ans. Puis, il enchaîne sur ”maths élém, maths sup et maths spé” avant d’intégrer une école d’ingénieurs. Il se marie encore mineur en mai 1958, à l’âge de 20 ans et avec l’autorisation de ses parents (la majorité de l’époque était à 21 ans !) avec Georgette Yung, une jolie Parisienne bientôt surnommée affectueusement ”Mamou” par toute sa petite famille. L’un des témoins de leur mariage sera son ami de l’époque le futur ”acteur-chanteur-crooner” Guy Marchand avec qui il avait monté un orchestre de jazz style Nouvelle-Orléans (Guy à la clarinette et Jean-Claude à la trompette !). Jean-Claude admet volontiers que Guy jouait bien mieux de la clarinette que lui de la trompette… Jean-Claude et Mamou Havas auront quatre enfants : deux filles et deux garçons.
En septembre 1958, Jean-Claude part faire son service militaire en Algérie comme aspirant au sein du ”Service du matériel des troupes aéroportées”. Comme beaucoup d’hommes de sa génération, il est maintenu sous les drapeaux pendant 29 mois avant de retourner à la vie civile avec le grade de lieutenant.
Après avoir travaillé quelque temps dans l’entreprise familiale parisienne, il décide en mars 1962 de s’établir à son compte en créant lui aussi son entreprise d’électricité automobile mais à Sainte Maxime (Var), au 16 rue Berthie Albrecht. Il y adjoint naturellement une branche marine. Dans le domaine automobile, il se spécialise dans la mise au point des moteurs des plus prestigieuses voitures sportives de l’époque : Ferrari, Maserati, Lamborghini, Aston-Martin, Jaguar… Dès 1962, il pratique la voile dans le golfe de Saint-Tropez sur Dragon, régatant notamment avec la prometteuse chanteuse France Gall. Mais c’est en 1964 qu’un ami lui fait découvrir la plongée sous-marine pour laquelle il va se passionner.
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